Cycle de webinaires 2023–24

Penser le Vivant

Regards contemporains scientifiques et appliqués sur la biodiversité dans nos territoires

Le vivant qui nous entoure et nous constitue ne cesse de repousser plus avant notre compréhension, notre appréhension de la complexité. Certains concepts scientifiques, comme « évolution », « darwinisme », « espèce », ou « microbe », s’insèrent puis fossilisent dans l’imaginaire public, alors que les recherches et le travail de terrain nous invitent à ne jamais figer nos regards et nos esprits sur un monde vivant multiple, changeant, tissé d’interactions en cascades y compris avec notre biologie humaine, notre santé, et notre économie. L’approche One Health (une seule santé), les Solutions fondées sur la Nature ou l’agroécologie sont parmi ces manières de penser la complexité du vivant en lien avec les sociétés humaines et mobilisant connaissances scientifiques et savoirs empiriques dans une inévitable interdisciplinarité  et un nécessaire dialogue entre tous les acteurs de la société.

Dans ce cycle de webinaires, Biosena invite les chercheur·es et acteurs du réseau à témoigner des interactions complexes dans leurs thématiques, des changements de regards qu’elles suggèrent, et de leurs répercussions dans nos territoires et nos sociétés.

Infos pratiques

Sur Zoom, un jeudi par mois de 13h à 14h, de janvier à juin 2024.

Gratuit et ouvert à tous sur inscription.

Programme

De la diversité des arbres à celle du sol : importance pour le fonctionnement des écosystèmes forestiers

Jeudi 25 janvier 2024 13h-14h

Nicolas Fanin, chargé de recherches en écologie, INRAE, Bordeaux (33)

Les intérêts de recherche de Nicolas Fanin se concentrent sur les mécanismes biochimiques à petite échelle qui donnent naissance à des modèles de processus écosystémiques à grande échelle. Il s’intéresse particulièrement au rôle des micro-organismes dans les cycles biogéochimiques et à la manière dont les altérations de la diversité peuvent modifier les processus écosystémiques.

Hervé Jactel, directeur de recherches et ingénieur agronome, INRAE, Bordeaux (33)

Hervé Jactel a pour spécialité l’écologie des communautés et le rôle fonctionnel de la biodiversité dans la résistance des écosystèmes forestiers aux perturbations biotiques (notamment aux insectes ravageurs) ainsi que l’amélioration des indicateurs de santé et biodiversité pour la gestion durable des forêts de plantation.

La biodiversité peut se présenter sous la forme d’une richesse spécifique, c’est-à-dire d’une diversité d’espèces, mais aussi d’une diversité fonctionnelle, c’est-à-dire une diversité dans les fonctions remplies par les organismes de l’écosystème. Ce webinaire axé sur la biodiversité des milieux forestiers discutera l’effet de la diversité spécifique des arbres dans la résistance des forêts aux bioagresseurs, qu’ils soient natifs ou exotiques, et de l’effet de la diversité fonctionnelle des espèces d’arbres et du sous-bois sur les communautés microbiennes du sol, ainsi que de leurs implications sur le bon fonctionnement des écosystèmes forestiers en termes de productivité, de stockage de carbone ou de disponibilité des éléments minéraux du sol.

Socio-écosystèmes côtiers : comment étudier leurs trajectoires d'évolution ?

Jeudi 8 février 2024 13h-14h

Audrey Bruneau, cadre de recherche en écotoxicologie, Ifremer, Station Ifremer de La Tremblade (17) 

Les recherches d’Audrey Bruneau concernent le suivi des contaminants dans les écosystèmes littoraux et plus particulièrement les effets de contaminants sur la santé des bivalves (système immunitaire, accumulation dans l’organisme et processus de détoxification). 

Rémi Mongruel, cadre de recherche au sein de l’Unité d’Économie Marine de l’Ifremer, Centre Ifremer de Brest

Rémi Mongruel est chercheur au sein de l’Unité d’Economie Maritime de l’IFREMER depuis 2005. Ses recherches visent à comprendre la dynamique des socio-écosystèmes pour en améliorer la gestion. Il mène plus spécifiquement des travaux sur l’évaluation des services écosystémiques, la comptabilité écologique et les institutions en charge de la gestion des milieux marins et des activités maritimes.

Les écosystèmes côtiers fournissent un large éventail de services à la société, notamment grâce aux nombreuses activités qu’ils soutiennent, dont l’ostréiculture, traditionnellement implantée le long du littoral français. La baie des Veys (Normandie), le bassin de Marennes-Oléron (Charente Maritime) et la lagune de Thau (Occitanie) constituent trois bassins ostréicoles aux évolutions contrastées. L’objectif de RETROSCOPE était d’étudier et comparer les trajectoires de ces trois socio-écosystèmes (SES) côtiers à vocation conchylicole depuis cinq décennies (1970-2018), en adoptant une approche interdisciplinaire associant sciences du vivant et sciences humaines et sociales. Le projet s’est articulé autour de trois axes de recherche : 1) étude de l’évolution des fonctions écologiques clés du point de vue de la vocation conchylicole ; 2) étude de l’évolution des services écosystémiques (SE) et des demandes sociales pour ces SE ; 3) élaboration de grilles d’analyse communes aux différentes disciplines du projet (frises chronologiques, modélisation qualitative), s’appuyant sur les résultats des deux premiers axes et les connaissances des acteurs locaux, mobilisées au travers d’ateliers.

Quel statut pour les entités naturelles ? La Garonne pourrait-elle avoir des droits ?

Jeudi 21 mars 2024 13h-14h

Hubert Delzangles, professeur de droit public, Sciences Po Bordeaux (33)

Hubert Delzangles est spécialisé en droit européen et comparé et se concentre sur la régulation économique des services publics, les services d’intérêt général, le droit de la concurrence et des marchés publics, plus particulièrement en relation avec les aspects environnementaux de la régulation énergétique.

Alexandre Zabalza, professeur de droit privé et sciences criminelles, université de Bordeaux (33)

Les recherches d’Alexandre Zabalza portent sur l’importance de la connaissance juridique et philosophique de la terre et sur son incidence respective sur les plans éthiques, communautaires et politiques.

Guillaume Choisy, directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne, Toulouse (31)

Guillaume Choisy occupe le poste de Chef de Cabinet au Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer. Il est Directeur Général de l’Agence de l’eau Adour-Garonne depuis 2017.

Le droit organise les sociétés, protège les hommes comme les valeurs économiques, les contraint aussi. Aujourd’hui, sous l’impact des activités humaines, industrielles ou domestiques, les entités naturelles subissent de nombreuses agressions. Comment mieux les protéger ? Comment s’assurer de la pérennité des usages que nous en faisons ? Depuis plus d’une cinquantaine d’années un droit de l’environnement se construit et s’édifie dans cette perspective. D’autres options penchent pour l’octroi de droits en personnifiant les entités naturelles. Dans une autre logique, le statut de « bien commun environnemental » pourrait-il permettre d’octroyer des droits aux entités naturelles ? Quelle voie permettra de protéger plus efficacement les entités naturelles (Garonne par exemple) ?

Biodiversité et composteur : voyage au cœur d'un réacteur biologique

Jeudi 4 avril 2024 13h-14h

Julia Clause, Maîtresse de conférences en écologie des sols, laboratoire Écologie et Biologie des Interactions (EBI), UMR 7267 CNRS/Université de Poitiers (86)

Les recherches de Julia Clause concernent les interactions entre pratiques agroécologiques et faune du sol. Les enjeux autour de la matière organique, nourriture du sol, la font s’intéresser plus particulièrement aux interactions entre types de matières et organismes décomposeurs.

Sébastien Moreau, Maître de conférences en biologie des organismes, Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte, UMR 7261 CNRS/Université de Tours (37)

Sébastien Moreau est biologiste et Maître-Composteur. L’étude des communautés d’insectes décomposeurs et du fonctionnement d’une litière de hêtre lui a inspiré le Compostou, un composteur innovant bioinspiré conçu pour résorber les nuisances parfois observées en compostage partagé.

Le compostage est une transformation de matière organique réalisée par des organismes décomposeurs, en présence d’air et d’eau. Si le processus du compostage est bien connu, les interactions entre organismes qui se déroulent au sein des composteurs recèlent encore une bonne part de mystères à explorer. Dans ces mini-écosystèmes, quelles espèces sont prépondérantes ? Comment réagissent les décomposeurs aux perturbations régulières de leur milieu ? Des espèces invasives ou nuisibles peuvent-elles s’y établir ? Quelles applications bioinspirées peut-on envisager à partir d’une meilleure connaissance de ces communautés ? À Poitiers et à Tours, des scientifiques se mobilisent pour faire progresser la science du compostage, dans la perspective d’une valorisation accrue des biodéchets français imposée par la Loi à compter du 1er janvier 2024. 

Réintroduire de la biodiversité cultivée dans les exploitations et les territoires

Jeudi 16 mai 2024 13h-14h

Marion Charbonneau, maîtresse de conférences en géographie, UMR TREE, CNRS/UPPA, Pau (64)

Les recherches de Marion Charbonneau portent sur la transformation des systèmes agricoles dans les territoires face aux changements globaux. En tant que géographe elle explore ces changements par et dans l’espace et les territoires et à différentes échelles (celle de l’individu, d’un réseau d’acteur local, d’un bassin de production, d’une intercommunalité ou d’une région) en prenant en compte à la fois les logiques individuelles des acteurs, l’action publique et collective.

Thomas Erguy, ingénieur agronome spécialisé en économie du développement agricole et rural, coordinateur de BLE, Biharko Lurraren Elkartea (64)

Thomas Erguy coordonne depuis 20 ans le projet associatif de BLE (350 adhérents, 18 administrateurs, 8 salariés, 80 formations/an). Ce projet intègre depuis sa genèse en 2003 le programme « Cultivons la biodiversité en Nouvelle Aquitaine » portant sur la sélection à la ferme et les semences paysannes de maïs, blés anciens, potagères et plus récemment semences prairiales et arboriculture fruitière.

Les semences paysannes sont apparues au début de ce siècle comme éléments clés des modèles agricoles alternatifs. Elles favorisent l’autonomie des agriculteur·ices, questionnent les systèmes de production et répondent aux enjeux globaux du changement climatique et de la biodiversité. En France, le Réseau Semences Paysannes défend les droits fondamentaux des paysan·nes sur leurs semences depuis 2003. Ensuite sont nées les Maisons des Semences Paysannes pour gérer et échanger les semences. Par le dialogue entre scientifique et acteur du développement agricole, ce webinaire interrogera les implications de la réintroduction de semences paysannes dans les exploitations et les territoires, notamment en termes de savoirs et savoir-faire paysans, de rapport à la nature, de façons de produire et de dynamiques collectives et territoriales autour de l’échange et de la gestion de ces semences.

Les écosystèmes ont-ils la solution face au changement climatique ?

Jeudi 6 juin 2024 13h-14h

Virginie Duvat, professeur de géographie côtière, La Rochelle Université, UMRi LIENSs 7266 La Rochelle Université-CNRS (17)

Les recherches de Virginie Duvat portent sur les impacts du changement du changement climatique sur les systèmes côtiers et les solutions d’adaptation dans les petites îles tropicales.

Rémi Beau, chargé de recherche en philosophie au CNRS, IEES-Paris, Sorbonne Université (75)

Spécialiste de philosophie de l’environnement, Rémi Beau travaille sur les notions d’écocentrisme, de ré-ensauvagement, de perfectionnisme moral et sur les enjeux épistémologiques, éthiques et politique de la transition écologique et sociale.  Il a notamment publié Éthique de la nature ordinaire. Recherches philosophiques dans les champs, les friches et les jardins (Presses de la Sorbonne, 2017), co-dirigé avec Catherine Larrère l’ouvrage Penser l’Anthropocène (Presses de Science Po, 2018) et avec Cécile Renouard, Christophe Goupil et Christian Koenig le Manuel de la Grande Transition (Les Liens qui Libèrent, 2020)

Les Solutions d’adaptation côtière fondées sur la Nature (SafN) sont de plus en plus mobilisées pour faire face aux impacts du changement climatique, notamment dans les îles tropicales dans lesquelles les écosystèmes jouent un rôle fondamental dans la vie des sociétés. Soutenues par des financements croissants, elles bénéficient d’une forte popularité et sont considérées par un certain nombre d’acteurs, scientifiques et de terrain, comme étant les solutions à promouvoir en priorité. Il s’agira ici d’interroger les idées reçues qui ont cours sur les Solutions fondées sur la Nature, à partir d’une réflexion sur le cadre conceptuel dans lequel elles sont développées et de la présentation des résultats d’un travail d’évaluation de 25 projets de SafN côtières déployés dans les Outre-Mer français. Cela permettra de discuter de l’évaluation des progrès de l’adaptation sur les territoires, qui constitue un enjeu majeur des politiques d’adaptation sur la décennie à venir.

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